A propos de la formation en entrepreneuriat…

En tant qu’entrepreneur, mais aussi consultant expert en développement de l’entrepreneuriat, j’ai essayé de répondre aux questions qui se posent souvent aux porteurs de projet de création d’entreprise, aux néo-entrepreneurs et aux autres acteurs du secteur privé.

 apprendre à entreprendre

 

Est-ce qu’il faut apprendre à entreprendre ?

Oui, pourquoi réinventer la roue ? Tout le monde n’est pas un génie. Souhaitez-vous réessayez 100 ou 1000 fois et refaire les mêmes erreurs que vos prédécesseurs ou plutôt bénéficier des leçons et expériences déjà disponibles ? Il y a tant de ressources disponibles et l’accès y est facilité par le développement du numérique et de l’internet.

Souvenez-vous. Le développement économique du pays passe par le développement du secteur privé. La démocratisation de l’entrepreneuriat est plus que nécessaire. On a besoin de plus d’entrepreneurs !

 

Apprendre par la formation ou par la pratique ?

Là n’est pas la question. C’est un faux problème. Il s’agit dans les deux cas d’acquisition de nouvelles connaissances. Ce ne sont que les méthodologies d’apprentissage qui diffèrent. Il faut trouver le bon équilibre entre la théorie et la pratique. L’expérience montre qu’un maximum de pratique est toujours bénéfique. Toutefois, une approche appropriée, une approche expérientielle et une méthode active auront plus de chance d’impact. C’est plutôt l’apprenant qui doit faire l’action d’apprendre plutôt que le formateur qui insère tout dans la tête du futur entrepreneur.

 

Est-ce que la formation est la meilleure façon de promouvoir l’entrepreneuriat ?

Il y a plusieurs façons de promouvoir l’entrepreneuriat et celles-ci devraient se faire sur plusieurs niveaux : du niveau macro, les questions politiques et stratégiques relatives à un environnement des affaires propices, en passant au niveau méso, la mise en place de diverses institutions et agences de promotion et d’accompagnement, jusqu’au niveau micro, la fourniture de services d’appuis techniques et financiers aux entrepreneurs. Ces actions sont complémentaires et ne sont pas efficaces si réalisées d’une façon isolée.

La formation est une activité parmi la multitude de possibilités. Elle rentre dans la catégorie de services d’appui aux entreprises ou business development services. C’est une étape qui devrait suivre les activités de sensibilisation et de diffusion de la culture entrepreneuriale. Mais elle devrait aussi être couplée et suivie d’autres activités.

 

Et au-delà de la formation donc…?

Un programme de formation ne suffit pas. Il faut le compléter avec un programme d’accompagnement, par exemple. En effet, l’application après formation peut allez jusqu’à six mois, voire plus. Une grande école de formation en entrepreneuriat a même témoigné que leurs auditeurs ont mis en moyenne deux ans avant de créer ! Ceci pour dire que la formation est bien mais n’est pas suffisante si on veut inciter les gens à entreprendre. Il faut accompagner les participants avec un service de mentoring ou de coaching, par exemple.
Une autre approche est d’insérer la formation dans un programme de développement de chaînes de valeurs où il y a des mesures prises pour développer tous les maillons de la chaîne de valeur concernée.

 

Quel devrait être le contenu d’une bonne formation en entrepreneuriat ?

Qu’on soit clair ici, il s’agit de formation et non de simple sensibilisation. Ceci-dit, un bon programme de formation en entrepreneuriat doit contenir les trois notions suivantes :

contenu

  1. l’esprit d’entreprise : qui enseigne la façon de penser et d’agir de l’entrepreneur. Comment définit-on un entrepreneur ? Pourquoi entreprendre ? Quels sont les caractéristiques d’un bon entrepreneur ? Quels sont les concepts et les valeurs en entrepreneuriat ? Quelles sont les façons de penser et d’agir d’un entrepreneur ? Quelles sont les composantes de la culture entrepreneuriale ?
  2. la démarche entrepreneuriale : qui explique le chemin à suivre pour concrétiser un projet entrepreneurial. Quelles sont les étapes à suivre de la création d’idée jusqu’à sa concrétisation ? Quelles sont les procédures de création d’entreprise ? Comment créer ou reprendre une entreprise ? Comment faire un pitch? Comment gagner de l’argent pour démarrer ? Comment gérer ses associés ?
  3. les outils entrepreneuriaux : qui apportent les outils à utiliser par l’entrepreneur pour créer et gérer son entreprise. Comment devenir créatif ? comment gérer les risques, comment concevoir un business model et établir un business plan ? Comment exploiter une opportunité d’affaire ? Que faire pour bien gérer les ressources financières – humaines – matérielles … ? Comment concevoir et mettre sur le marché un produit ? etc.

 

Si ces trois notions sont présentes dans une formation en entrepreneuriat, vous pouvez dire que c’est une formation bien conçue. Détrompez-vous ! Une bonne formation n’est pas un simple témoignage d’entrepreneurs qui ont réussi, ni une simple information sur les procédures administratives à suivre pour créer une entreprise, ni une formation en business plan et business model…

 

Pourquoi dit-on que les entrepreneurs qui n’ont pas fait d’études ont mieux réussi ?

Et oui, on entend souvent ces remarques : «il y beaucoup de gens qui ont fait des études mais qui n’arrivent pas à entreprendre… », « les meilleurs entrepreneurs ont laissé tomber leurs études ou ils n’ont pas fait beaucoup d’études, à l’instar de Bill Gates…».

On peut dire que les gens qui ont fait moins d’études ont plus de facilité à agir tandis que les gens qui ont fait des études ont tendance plutôt à penser avant d’agir, ralentissant ainsi leur capacité d’action et limitant leur créativité. Le moins qu’on puisse dire aussi est que la réussite d’un entrepreneur plafonne à une certaine limite s’il ne continue pas à apprendre de sa vie entrepreneuriale.

Auteur: Njaka RAJAONARISON
Entrepreneur
Consultant Expert en Entrepreneuriat

J’ai déjà conçu plusieurs modules de formation pour les projets de la GIZ, Banque Mondiale, UNESCO, FIDA, CCI… et a réalisé des formations de formateurs, des formations de conseillers d’entreprises, des formations des bénéficiaires.

 

Publicités

Trafic aérien et maritime? deux apps pour avoir une idée claire

Savoir si son pays se trouve ou non dans les circuits mondiaux standards des échanges commerciaux facilite l’orientation de son business. Savoir la fréquence et la liste des compagnies aériennes et maritimes qui desservent son pays… permet d’avoir une idée sur sa stratégie d’exportation et/ou d’approvisionnement.

Voici deux outils simples mais puissants pour nous aider dans ce sens. Ces outils, piochés parmi tant d’autres sur le net, auparavant inexistants, sont actuellement disponibles après le développement des technologies satellitaires et les base de données interconnectées  (google map, AIS, ADS-B…).

1. flightradar24.com

generalplane

Flightradar24.com permet d’avoir, en temps réel, je dis bien en temps réel, le mouvement des avions dans le monde. Nous pouvons voir sur la carte en haut par exemple, la densité du trafic aérien en Afrique comparée à celle d’une partie de l’Europe et de l’Asie.

Il existe en version web et en version iOS et android. Vous pouvez zoomer. Vous pouvez cliquer sur chaque icône d’avion pour avoir des informations détaillées sur l’avion: le modèle (photo, date de mise en circulation…), l’heure de départ et d’arrivée, l’aéroport d’embarquement et de débarquement, et même les retards, etc.

En bas, après avoir zoomé, vous pouvez voir la partie sud ouest de l’océan indien, comment est le trafic à Madagascar comparé aux autres îles de Maurice et de la Réunion. No comment.

plane

 

2. marinetraffic.com

generalshipmarinetraffic.com vous donne la cartographie live des mouvements des navires dans le monde. Vous pouvez cliquer sur chaque icône pour avoir les informations sur le type de bateau (fishing, cargo vessel, tanker), le modèle, le tonnage, la photo, le départ et la destination (lieu, date), etc.

Sur la carte capturée en haut, vous pouvez avoir un aperçu des circuits maritimes avec les données satellitaires et les communications des navires, cette fois-ci avec des minutes de retard pour les mises à jours. Vous pouvez voir par exemple que Madagascar est tout prêt d’un grand circuit. Mais après avoir zoomé, on s’aperçoit que les îles de la Réunion et de Maurice sont dans le circuit même tandis que Madagascar n’accueille que très peu de ses navires qui passent à côté.

presmada

Ces informations sont peut être simples mais sont certainement significatives. Simple entrepreneur ou décideur politique, creusez vos méninges! Faites face à la réalité. Agissez en conséquence pour le bien de votre pays et de votre business.

marine

Auteur: Njaka RAJAONARISON

 

Les 10 propositions pour le développement de l’agribusiness

Word cloud for Agribusiness

 

Faisant suite aux 10 propositions sur le développement de l’Entrepreneuriat à Madagascar, l’ODE Madagascar, par le présent communiqué, fait un constat de l’agribusiness à Madagascar et propose 10 suggestions pour le développer.

 

Les points à améliorer :

  • Des surfaces arables existent mais restent inexploitables à cause des litiges fonciers ;
  • L’insécurité dans les zones rurales découragent les producteurs ;
  • Les filières restent désorganisées à l’exception de quelques unes d’entre elles : riz, vanille, letchis ;
  • Les programmes d’installation et de migration en milieux ruraux ont connu des succès limités ;
  • La qualité des produits agricoles s’empire à cause des techniques de production archaïques, du vieillissement des plantations et du difficile accès aux semences améliorées et aux autres intrants. Des produits exportés sont rejetés une fois arrivée dans les pays de destination ;
  • De nouveaux techniciens et ingénieurs agronomes sortent des centres de formation chaque année alors que le monde rural manque terriblement d’encadrement technique depuis le désengagement de l’Etat ;
  • De gros potentiels en agriculture biologique existent mais reste sous-exploitée. Le niveau d’utilisation d’intrants chimiques est très bas (inférieur à la moyenne africaine) mais très peu de produits sont commercialisés en tant que « biologique » ;
  • Le pays reste en générale dans l’agriculture de subsistance et est encore un fournisseur de produits traditionnels non-transformés (commodités). Les facilités de stockage et de transformation des produits agricoles sont rares;
  • La recherche agricole manque d’efficacité : elle n’est pas en phase avec les besoins du marché, les résultats de recherche ne sont pas diffusés et appliquées convenablement;
  • L’écoulement et la circulation des produits sont difficiles à cause du mauvais état des routes et de l’inexistence d’un système d’information sur le marché efficace, les collecteurs dominent les transactions commerciales agricoles face aux agriculteurs dotés d’un pouvoir de négociation réduit. Les produits disponibles dans les régions excédentaires arrivent difficilement dans les régions déficitaires ;
  • Les services de l’Etat qui s’occupent des problèmes phytosanitaires et vétérinaires n’arrivent pas à assumer leurs rôles convenablement vu les moyens et l’inexistence de stratégie appropriée.

 

 

Les propositions :

  1. Foncier : réidentifier les zones d’investissement agricole (ZIA) avec la participation du monde rural et mettre au point avec ce dernier un système permettant leur exploitation par les investisseurs. Concentrer les efforts dans ces ZIA : désenclavement, transport, sécurisation, infrastructures, énergie, irrigation, équipements. Favoriser et coordonner la migration autour des ZIA pour faciliter la rencontre de l’offre et de la demande d’emplois ruraux.
  2. Insécurité : harmoniser l’application des dina avec celle de la loi. Maîtriser le commerce des bovidés pour endiguer le phénomène « dahalo ». Améliorer l’efficacité des forces de l’ordre en améliorant leurs moyens, leur positionnement et leur effectif dans les zones à risque.
  3. Statistiques agricoles et informations sur le marché : élaborer et mettre à jour une base de données statistiques et cartographiques agricoles permettant une prise de décision rationnelle et fondée. Création de carte professionnelle par métier rural pour séparer les amateurs des professionnels. Mettre en place un système d’information sur le marché facile à utiliser et accessible pour faciliter la rencontre de l’offre et de la demande.
  4. Approche chaîne de valeur : identifier les spéculations prioritaires (. Entre autres, le riz, le maïs, le manioc, les fruits et légumes biologiques, les oléagineux [soja, arachide], les grains secs [haricots, pois du cap]) par rapport aux opportunités de marché, structurer les acteurs et agir sur les goulots d’étranglement.  Harmoniser l’intervention des bailleurs, programmes et projets, organisations non-gouvernementales par la mise en place d’une plateforme de dialogue public-privé.
  5. Recherche-développement : adopter une nouvelle vision sur la place du recherche-développement pour que celui-ci puisse jouer son rôle d’accompagnateur du développement des chaînes de valeur depuis l’identification des opportunités commerciales en passant par la sélection des variétés à produire, la mise au point des itinéraires techniques de production, la production de semence, la production, la récolte, les traitements post-récoltes, la transformation, le conditionnement, le transport, la commercialisation jusqu’à la consommation.
  6. Formation agricole, normes et qualité : promouvoir la création et le développement de centres de formation agricole, mettre à jour les contenus de formation selon les besoins des métiers ruraux. Faciliter l’implantation des jeunes diplômés en milieux ruraux et dans les ZIA par la mise à la disposition effective et contractuelle de 5 ha de terrain agricole et d’un kit de démarrage et ceux sur demande et sur validation d’un business plan.
    Renforcer les actions du Bureau des Normes de Madagascar pour la mise à jour et l’application des normes. Impliquer tous les acteurs dans les chaînes de valeurs dans l’amélioration et le contrôle de la qualité.
  7. Accès aux intrants et aux services financiers et non-financiers : opérationnaliser les Chambres d’Agriculture et les Centres de Services Agricoles. Promouvoir l’installation des institutions financières (banques et IMF) en milieux ruraux. Améliorer la distribution des intrants dans les zones rurales en facilitant l’implantation de nouveaux points de ventes.
  8. Equipements agricoles et infrastructures rurales : faciliter l’acquisition d’équipements agricoles pour usage collectif. (ex : tracteurs). Désenclaver les zones d’investissement agricoles par la construction de nouvelles routes, construction de facilités de stockage, de transformation et de conditionnement des produits agricoles. Améliorer l’irrigation des terrains agricoles en allouant des moyens budgétaires conséquents.
  9. Agriculture biologique : adopter une réglementation nationale et une politique nationale en la matière pour permettre au pays d’exploiter les opportunités commerciales toujours grandissante en la matière. Promouvoir la certification collective, l’installation ou la création d’organismes de certification locaux pour une concurrence et une baisse des coûts de certification.
  10. Industries agroalimentaires : promouvoir les investissements dans le domaine des industries agroalimentaires pour davantage de mise en valeurs de nos produits agricoles. Concentrer les efforts dans les zones d’investissement agricoles et les spéculations prioritaires.

 

Le Président: Njaka RAJAONARISON

La Vice-Présidente chargée de la Communication: Olivia RAJERISON

Le Vice-Président chargé des Opérations: Aimé ANDRIANIRINA