Les 10 propositions pour le développement de l’agribusiness

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Faisant suite aux 10 propositions sur le développement de l’Entrepreneuriat à Madagascar, l’ODE Madagascar, par le présent communiqué, fait un constat de l’agribusiness à Madagascar et propose 10 suggestions pour le développer.

 

Les points à améliorer :

  • Des surfaces arables existent mais restent inexploitables à cause des litiges fonciers ;
  • L’insécurité dans les zones rurales découragent les producteurs ;
  • Les filières restent désorganisées à l’exception de quelques unes d’entre elles : riz, vanille, letchis ;
  • Les programmes d’installation et de migration en milieux ruraux ont connu des succès limités ;
  • La qualité des produits agricoles s’empire à cause des techniques de production archaïques, du vieillissement des plantations et du difficile accès aux semences améliorées et aux autres intrants. Des produits exportés sont rejetés une fois arrivée dans les pays de destination ;
  • De nouveaux techniciens et ingénieurs agronomes sortent des centres de formation chaque année alors que le monde rural manque terriblement d’encadrement technique depuis le désengagement de l’Etat ;
  • De gros potentiels en agriculture biologique existent mais reste sous-exploitée. Le niveau d’utilisation d’intrants chimiques est très bas (inférieur à la moyenne africaine) mais très peu de produits sont commercialisés en tant que « biologique » ;
  • Le pays reste en générale dans l’agriculture de subsistance et est encore un fournisseur de produits traditionnels non-transformés (commodités). Les facilités de stockage et de transformation des produits agricoles sont rares;
  • La recherche agricole manque d’efficacité : elle n’est pas en phase avec les besoins du marché, les résultats de recherche ne sont pas diffusés et appliquées convenablement;
  • L’écoulement et la circulation des produits sont difficiles à cause du mauvais état des routes et de l’inexistence d’un système d’information sur le marché efficace, les collecteurs dominent les transactions commerciales agricoles face aux agriculteurs dotés d’un pouvoir de négociation réduit. Les produits disponibles dans les régions excédentaires arrivent difficilement dans les régions déficitaires ;
  • Les services de l’Etat qui s’occupent des problèmes phytosanitaires et vétérinaires n’arrivent pas à assumer leurs rôles convenablement vu les moyens et l’inexistence de stratégie appropriée.

 

 

Les propositions :

  1. Foncier : réidentifier les zones d’investissement agricole (ZIA) avec la participation du monde rural et mettre au point avec ce dernier un système permettant leur exploitation par les investisseurs. Concentrer les efforts dans ces ZIA : désenclavement, transport, sécurisation, infrastructures, énergie, irrigation, équipements. Favoriser et coordonner la migration autour des ZIA pour faciliter la rencontre de l’offre et de la demande d’emplois ruraux.
  2. Insécurité : harmoniser l’application des dina avec celle de la loi. Maîtriser le commerce des bovidés pour endiguer le phénomène « dahalo ». Améliorer l’efficacité des forces de l’ordre en améliorant leurs moyens, leur positionnement et leur effectif dans les zones à risque.
  3. Statistiques agricoles et informations sur le marché : élaborer et mettre à jour une base de données statistiques et cartographiques agricoles permettant une prise de décision rationnelle et fondée. Création de carte professionnelle par métier rural pour séparer les amateurs des professionnels. Mettre en place un système d’information sur le marché facile à utiliser et accessible pour faciliter la rencontre de l’offre et de la demande.
  4. Approche chaîne de valeur : identifier les spéculations prioritaires (. Entre autres, le riz, le maïs, le manioc, les fruits et légumes biologiques, les oléagineux [soja, arachide], les grains secs [haricots, pois du cap]) par rapport aux opportunités de marché, structurer les acteurs et agir sur les goulots d’étranglement.  Harmoniser l’intervention des bailleurs, programmes et projets, organisations non-gouvernementales par la mise en place d’une plateforme de dialogue public-privé.
  5. Recherche-développement : adopter une nouvelle vision sur la place du recherche-développement pour que celui-ci puisse jouer son rôle d’accompagnateur du développement des chaînes de valeur depuis l’identification des opportunités commerciales en passant par la sélection des variétés à produire, la mise au point des itinéraires techniques de production, la production de semence, la production, la récolte, les traitements post-récoltes, la transformation, le conditionnement, le transport, la commercialisation jusqu’à la consommation.
  6. Formation agricole, normes et qualité : promouvoir la création et le développement de centres de formation agricole, mettre à jour les contenus de formation selon les besoins des métiers ruraux. Faciliter l’implantation des jeunes diplômés en milieux ruraux et dans les ZIA par la mise à la disposition effective et contractuelle de 5 ha de terrain agricole et d’un kit de démarrage et ceux sur demande et sur validation d’un business plan.
    Renforcer les actions du Bureau des Normes de Madagascar pour la mise à jour et l’application des normes. Impliquer tous les acteurs dans les chaînes de valeurs dans l’amélioration et le contrôle de la qualité.
  7. Accès aux intrants et aux services financiers et non-financiers : opérationnaliser les Chambres d’Agriculture et les Centres de Services Agricoles. Promouvoir l’installation des institutions financières (banques et IMF) en milieux ruraux. Améliorer la distribution des intrants dans les zones rurales en facilitant l’implantation de nouveaux points de ventes.
  8. Equipements agricoles et infrastructures rurales : faciliter l’acquisition d’équipements agricoles pour usage collectif. (ex : tracteurs). Désenclaver les zones d’investissement agricoles par la construction de nouvelles routes, construction de facilités de stockage, de transformation et de conditionnement des produits agricoles. Améliorer l’irrigation des terrains agricoles en allouant des moyens budgétaires conséquents.
  9. Agriculture biologique : adopter une réglementation nationale et une politique nationale en la matière pour permettre au pays d’exploiter les opportunités commerciales toujours grandissante en la matière. Promouvoir la certification collective, l’installation ou la création d’organismes de certification locaux pour une concurrence et une baisse des coûts de certification.
  10. Industries agroalimentaires : promouvoir les investissements dans le domaine des industries agroalimentaires pour davantage de mise en valeurs de nos produits agricoles. Concentrer les efforts dans les zones d’investissement agricoles et les spéculations prioritaires.

 

Le Président: Njaka RAJAONARISON

La Vice-Présidente chargée de la Communication: Olivia RAJERISON

Le Vice-Président chargé des Opérations: Aimé ANDRIANIRINA

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