L’esprit d’entreprise à l’école

Si l’ouverture du monde de l’école au monde de l’entreprise est perçue comme une nécessité, c’est que beaucoup y voient une étape importante vers la résolution de la crise de l’emploi qui frappe actuellement Madagascar. Mais certaines personnes vont encore plus loin en prônant une refonte totale du système éducatif malgache afin de régler, du moins en partie pensent-elles, le chômage endémique des jeunes. Mamy Rabe, Chairman & CEO de Moneytech S.A, donne son point de vue sur le  sujet à travers une interview disponible sur le blog www.economia-expansion.mg. Parmi les mesures qu’il propose pour raviver l’esprit d’entreprise chez les jeunes malgaches, rien de moins que la suppression du baccalauréat. Quelques  réactions s’en sont suivies sur la page Facebook  reliée au blog www.economia-expansion.mg.

 Education et esprit d’entreprise : une alliance dont la nature reste à définir

Avoir le courage d’entreprendre et inculquer  l’esprit d’entreprise est une nécessité pour faire face à l’évolution du monde actuel. Mais comme souvent, le diable se cache dans les détails. En effet, la question d’une refonte totale du système éducatif est un problème épineux qui va bien au-delà des préférences et des choix idéologiques. Comme dit le proverbe, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Les quelques pistes que voici permettront peut-être d’éclairer le débat qui ne fait que commencer.

Si l’objectif d’une refonte du système éducatif est de faire de la très grande majorité des étudiants malgaches qui sortent de l’université des entrepreneurs, le problème qui se posera sera d’ordre économique. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait croire, avoir un taux de chefs d’entreprises très élevé au sein de la population active n’est pas synonyme de réussite et de développement. Dans tous les pays développés, ce taux tourne autour de 10%. Ce sont dans les pays émergents et dans les pays en voie de développement que l’on trouve un taux de professions indépendantes avoisinant les 40%. Ceux qui pensent que la voie de l’auto entrepreneuriat  est la voie miraculeuse qui pourrait sortir Madagascar de la pauvreté se trompent donc de remède.

Si l’objectif est de faire aimer les entrepreneurs, le problème qui se posera est celui du rôle de l’école. Dans l’hypothèse où le ministère de l’Education Nationale devait accéder aux demandes de certains entrepreneurs de parler du côté positif de leur profession, on ne voit pas trop pourquoi d’autres corps de métiers ne réclameraient pas le même traitement. L’école, telle est qu’elle est actuellement, n’a pas vocation à parler en bien ou en mal de telle ou telle profession. Quoi qu’il en soit, en attendant que les partisans d’un changement radical du système éducatif se prononcent plus clairement sur les objectifs et la finalité d’une telle réforme, voilà déjà  quelques suggestions pour raviver l’esprit d’entreprise chez nos étudiants.

Ouvrir le monde de l’école au monde de l’entreprise

L’esprit d’entreprise se réfère à l’aptitude d’un individu à passer des idées aux actes. De l’avis de la plupart des économistes, l’esprit d’entreprise fait partie des compétences essentielles que chaque élève devrait acquérir tout au long de sa formation afin qu’il puisse s’insérer sans trop de difficultés dans le monde du travail. Or, au sortir des universités, beaucoup d’employeurs font le constat que les jeunes malgaches ignorent tout ou presque de la réalité du monde professionnel. L’Education Nationale a donc ici un rôle prépondérant à jouer en favorisant l’ouverture de l’école au monde de l’entreprise et cela, le plus tôt possible.

En adaptant le contenu des programmes aux besoins des employeurs, le ministère de l’Education Nationale peut également résorber les phénomènes de sous-emploi et de chômage de masse qui touchent fortement la jeunesse malgache. Des milliers de diplômés qui appartiennent à cette catégorie d’âge ont en effet beaucoup de mal à trouver un emploi qui correspondent à leur véritable qualification. Cette inadéquation entre la formation proposée et les postes à pourvoir dans les entreprises constitue l’une des causes principales de la pauvreté et de la hausse du chômage à Madagascar.

Mais plus encore que le changement du contenu des programmes, c’est sans doute l’esprit même des méthodes d’enseignement qu’il faudrait changer car il est clair que quel que soit l’effort entrepris pour ouvrir le monde de l’école au monde de l’entreprise, tant que l’école porte aux nues des valeurs telles que  la soumission exagérée à l’autorité et la passivité, tant que les méthodes d’enseignement valorisent toujours aussi peu l’initiative individuelle, et que les transmissions de la connaissance se font toujours de haut en bas, souvent de manière autoritaire, aucun changement profond ne risque de se produire.

Article de du 21/06/2013 collecté par Njaka RAJAONARISON sur www.newsecho.info

lespritdentreprise.com

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