Madagascar: Dirigeants de petites entreprises, des risques élevés de rejoindre les pauvres!

pauvre

Les petites entreprises voient leurs charges augmenter, alors qu’elles ne peuvent pas se permettre de réviser à la hausse les prix des biens et services qu’elles proposent. La chute vertigineuse du pourvoir d’achat des consommateurs y est pour beaucoup. En effet, il est impossible de penser à une hausse des prix quand on sait que de nombreux ménages ne mangent déjà plus qu’une fois par jour. Et il est illusoire pour les petites entreprises de vouloir décrocher des marchés publiques, histoire de se faire un chiffre d’affaires.

La semaine dernière, le Groupement des entrepreneurs malagasy (FIVMPAMA) a dénoncé la corruption qui affecte les passations des marchés publics. Il a parlé de copinage, du pullulement des passations de gré à gré… Ces faits sont corroborés par les chiffres sur les marchés publics : de 356,4 milliards Ar en 2011, ces marchés sont passés à 228,2 milliards Ar en 2012 d’après les données de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Outre le recul de la valeur expliquée par l’austérité budgétaire et la baisse des financements extérieurs, cette baisse de la valeur des marchés publics trouve aussi sa source dans les différentes formes de corruption qui affectent le secteur selon l’explication d’opérateurs économiques. Ils citent aussi l’absence de contrôle, notamment pour les projets présidentiels, en l’occurrence la construction de stades de sports et de loisirs, des 8 grands hôpitaux, etc.

Mais les petites entreprises n’ont ni la capacité financière ni les « contacts » nécessaires pour remporter des marchés sur cette branche-là. Par contre, elles peuvent décrocher des marchés publics sur des segments dont la valeur est plus modeste que ce soit pour la fourniture de biens et services, les prestations intellectuelles ou encore pour des petits travaux dans le BTP. Seulement, elles ne peuvent rien faire face au copinage, aux trafics d’influence qui les laissent à l’écart. Ainsi, des dirigeants de petites entreprises affirment que si la crise persiste, ce sera tout un pan de l’économie qui s’effondrera d’ici peu. Et eux de souligner :
« Nous risquons fort de devenir des nouveaux pauvres et de rejoindre ainsi la grosse cohorte des pauvres, sans parler des emplois que nous avons créés et qui seront également sur les trottoirs ». Une femme chef d’une petite entreprise précise que si auparavant, elle pouvait se permettre de dépasser aisément son budget familial mensuel, elle ne peut plus s’autoriser actuellement un tel écart, même pour 100 000 Ar. Et elle est obligée de faire une croix sur des dépenses comme les vacances dont ses enfants avaient pourtant l’habitude de prendre, même à une centaine de km de la capitale.
Cette femme n’est pas une exception dans le monde des petites entreprises. Une autre qui a dû fermer les portes de sa petite entreprise, pense maintenant se reconvertir dans un emploi dans un projet. Mais là aussi, l’horizon est bouché, en termes d’emplois, car les financements extérieurs sont généralement investis dans des projets sociaux et directement gérés par les bailleurs de fonds. Bref, de nombreux dirigeants de petites entreprises et leurs employés sont en passe de basculer dans la pauvreté. Pour l’heure, l’Etat ne voit rien venir et n’élabore aucun plan de relance pour les soutenir.

Texte de Fanjanarivo collecté par Njaka RAJAONARISON

Esprit d’Entreprise

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