Développement économique de Madagascar dites-vous? Proposition de 10 mesures

Voici un extrait de la récente publication de la Banque mondiale intitulée « Madagascar: pour un dialogue sur les enjeux de développement » que vous pouvez télécharger en cliquant ici.

« Madagascar affiche une performance économique décevante depuis au moins cinq décennies. La croissance économique reste trop faible et, quand elle a lieu, insuffisamment partagée pour donner lieu à une réduction significative de la pauvreté. Or la croissance n’est plus un phénomène rare dans le monde: c’est le déclin qui l’est devenu. Sur les 155 pays pour lesquels une mesure est disponible, seulement 19, dont Madagascar, ont connu une régression économique cumulative pendant les vingt dernières années. »

développementMDG

A titre de contribution, ci-après mes points de vue et mes propositions.

Je dirai que le secteur privé est le principal moteur de l’économie et du développement de Madagascar. Il ne peut y avoir de création de richesse pour le pays sans un secteur privé florissant. Les caisses de l’Etat resteront vides, les fonctionnaires (enseignants, professeurs, médecins, …) ne recevront pas leurs salaires, le nombre de chômeurs augmentera, il n’y aura pas de nouvelles construction ni de maintenance des infrastructures…

Toutefois, le constat est amer: Madagascar est classé au 142é rang selon le classement Doing Business. Les entreprises restent actuellement des vaches laitières. On exige beaucoup d’eux sans qu’on facilite leurs taches. On ne prend pas la peine de demander leur avis pour les décisions qui les concernent.

A mon avis, il faut une sérieuse et importante amélioration du climat des investissements :

1. une meilleure politique de développement des investissements. Il faut une politique de développement des TPE et des micro-entreprises qui constituent la majorité des entreprises locales. C’est le cas dans beaucoup de pays du monde (small business act des USA et de l’Europe, charte des petites entreprises européennes…). La politique nationale des PME qua nous avons adopté en 2006 ne suffit pas.

2. une réforme du cadre légal et réglementaire : code du commerce, loi sur les grands investissements miniers à Madagascar, loi sur le commerce électronique (en cours) etc.

3. une amélioration du système bancaire pour être plus favorable aux entrepreneurs locaux et surtout aux MPME. Les efforts pour l’amélioration de l’accès aux crédits doivent continuer. Un système innovant doit être trouvé pour permettre aux IMF de proposer des taux d’intérêts plus bas. Si les banques commerciales ne peuvent pas proposer des taux plus bas, qu’on crée une banque de développement et d’autres structures de financement.

4. une prise de mesures pour le développement de la culture entrepreneuriale. Celle-ci devrait concerner les programmes de formation. Il faut améliorer et généraliser l’enseignement de l’esprit d’entreprise qu’on initie actuellement dans certaines filières de la formation professionnelle et technique des LTP (BTP des lycées). A la sortie de leurs études, les porteurs de projet sérieux, innovants et potentiels devront être soutenus.

5. un renforcement des dispositifs d’appui au secteur privé ainsi que la capacité des ressources humaines qui y travaillent: EDBM, chambres de commerce et d’industrie, chambres d’agriculture, chambres des métiers et promouvoir les initiatives privés.

6. un soutien au passage du monde rural de l’agriculture traditionnelle vers la pratique de l’agribusiness.

7. un renforcement de la capacité de nos entreprises à l’exportation : renforcer l’actuel International Trade Board of Madagascar, mettre en œuvre plus d’initiatives comme celles du CAP EXPORT

8. un appui à la mise aux normes des entreprises locales ainsi que leurs produits : à commencer par la règlementation des normes déjà établies, en faire pour les secteurs qui ne sont pas encore normalisés, renforcer le BNM et développer sa branche certification, faciliter et appuyer l’accès à la certification, appliquer les règlementations, donner les moyens de contrôle aux organismes concernés (BNM, douanes…)

9. une amélioration des infrastructures et des moyens logistiques: centres agrotechnopoles communautaires pour les opérateurs en agribusiness (chambres froides, facilités de transformation, magasin de stockage…), chambres froides dans les aéroports pour les frets aériens, business centers dans les régions…

10. une proposition de plusieurs mesures incitatives : pour les nouvelles entreprises (réduction des impôts pour les deux premières années comme fait auparavant), de nouvelles zones franches… pour susciter les investissements locaux et les IDE.

A part toutes ses mesures citées plus haut, il faut que l’Etat assure son rôle en intelligence économique, assure un leadership adéquat pour la protection des investissements nationaux. Rien que dans cette sous-région de l’océan indien, beaucoup d’entrepreneurs malagasy en souffrent. Je ne parle plus de la stabilité politique, de la sécurité, de l’Etat de droit, de la protection des investissements étrangers…

Ce n’est pas un rêve, c’est le chemin qu’il faut suivre dirais-je, si l’on veut sortir de la pauvreté et assurer une croissance économique soutenue. On n’y arrivera pas si on n’a pas de bonnes visions et si on ne se donne pas les moyens.

Ceci dit, le secteur privé et l’investissement n’est pas le seul en cause quand on parle de développement. On dit que pour le développement durable concerne trois dimensions : l’économie, l’écologie et le social.

Le débat reste ouvert.

Njaka RAJAONARISON

Esprit d’Entreprise

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