Entrepreneuriat et politique: un bon cocktail?

Les politiciens peuvent-ils entreprendre? Les entrepreneurs peuvent-ils faire de la politique? Ces deux questions sont d’actualités après cette interminable crise qui frappe Madagascar.

L’histoire nous rappelle que Ravalomanana a eu son entreprise TIKO avant d’être Maire et Président de la république. Rajoelina, de même avec INJET et VIVA (bien que celui-ci n’est pas élu président). Le premier a eu un problème avec les autorités de son époque et c’est la raison principale qui l’a poussé à faire de la politique. Je ne dis pas qu’il n’a pas eu d’autre motivation mais c’est quand même l’origine du déclic. Et c’est la même chose pour Rajoelina. Dans le temps, les partis TIM et TGV ont été créés rapidement pour la circonstance.

Le côté positif, c’est que la méthode de travail des entrepreneurs pourrait conduire à de meilleurs résultats. Quelle Méthode? Le fait d’avoir une vision, des objectifs, des stratégies, des plans d’action. Souvenons-nous de « Madagascar naturellement », MAP, PGE… En plus, les entrepreneurs ont un esprit orienté résultat, prennent plus d’initiatives en s’offrant les moyens nécessaires. Beaucoup d’infrastructures (et de changement, en général) ont pu voir le jour depuis 2002 jusqu’en 2013.

Le côté négatif, c’est que ces entrepreneurs qui ont pris le pouvoir n’ont aucun background politique: ni formation, ni expérience. Le pire, c’est qu’ils n’ont pas voulu faire de la politique mais sont forcés de le faire pour assurer la survie de leurs entreprises. Alors que faire de la politique nécessite un minimum de compétence (et beaucoup de patriotisme!). Et cette compétence s’acquiert par la formation et par l’expérience. La vie des 21 millions de malagasy en dépend. Les conséquences ? Ce sont la monopolisation des secteurs d’activité où interviennent le Président (création de barrières à l’entrée, retard dans la mise en application de la loi sur la concurrence…), le mercenariat et le clientélisme politique (changement de couleur selon la circonstance), la corruption, les conflits d’intérêts (intérêt personnel qui passe avant celui de la Nation)…

A propos de background politique, prenons l’exemple de deux Présidents de référence: BarackObama et François Hollande. Nous savons le parcours d’Obama avant son élection aux Etats Unis en 2008. Entrée en politique en 1996, il était sénateur de l’Illinois (1996-2004), puis sénateur des Etats-Unis (2004-2008). Hollande, pour sa part, était premier secrétaire du PS (1997-2008), maire de Tulle (2001-2008), député de Corrèze (1988-1993, 1997-2012). Bien que cela n’enlève en rien les dérives, ils ont quand même d’excellentes dispositions pour la recherche de ce qui est bien pour leurs citoyens. La réussite ou non est une autre discussion 🙂

Actuellement, il y a tant d’entrepreneurs qui sont candidats à la présidentielle à Madagascar. Je ne dis pas que ces candidats sont mauvais mais des balises sont à prévoir. Diriger un pays n’est pas comme diriger une entreprise. Certes, le pays veut bénéficier de leur efficacité mais il veut aussi éviter les éventuelles dérives. Donc à eux de prouver leur patriotisme et leur dévouement total.

Sinon, nous avons tous pris connaissance de ce communiqué du secteur privé que je reproduis ci-bas. Le secteur privé veut contribuer à la résolution de la crise. On ne les a pas écouté (ce n’est pas la première fois! les entrepreneurs au pouvoir jusqu’ici n’ont jamais écouté leurs semblables.). Ils veulent réagir. Mais que cette situation leur sert de leçon. Le secteur privé a contribué à l’avènement de la crise. Et oui! Ils étaient frustrés avec l’ancien Président et beaucoup d’entre eux ont contribué au changement de régime. Qui ose le contredire? Mais le passé, c’est du passé. Qu’est-ce qu’on doit faire à partir de maintenant? Je propose qu’on sépare entrepreneuriat et politique politicienne.

Njaka

COMMUNIQUE DE PRESSE DU SECTEUR PRIVE EN DATE DU 31 MAI 2013

Le secteur privé n’a eu de cesse de dénoncer la dégradation de la situation économique et sociale au cours de ces 4 années de crise. Les chiffres sont alarmants avec plus de 300.000 demandeurs d’emplois supplémentaires et les trois quart de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Cette paupérisation s’est accompagnée d’une dégradation de l’environnement des affaires caractérisée par l’insécurité physique, juridique et fiscale.

Malgré cela, les autorités n’ont pas réagi aux sonnettes d’alarme du secteur privé. Pire, dans une situation où la crise acridienne qui met en péril les moyens d’existence de 60% de la population devient une réalité, jusque aux portes de la capitale, la population y compris le secteur privé, ne sait plus qui est en charge des affaires nationales.

Face à l’imbroglio juridique actuel et à l’instrumentalisation des lois à des fins politiques, le secteur privé ignore quels sont ses interlocuteurs au sein de l’appareil d’Etat.

C’est pourquoi tout contact institutionnel avec l’Administration est suspendu à compter de ce jour.

Compte tenu du flou actuel, le prochain paiement de la TVA se fera au profit de la « Caisse de Dépôts et de Consignations ». Le Secteur Privé signataire de ce communiqué, représente près de 90% des impôts et taxes.

L’heure est grave, le secteur privé refuse que la spirale infernale de la déchéance économique et sociale se poursuive. C’est pourquoi il demande un sursaut national de toutes les forces vives de la nation afin de :

– rétablir l’Etat de droit

– accélérer la sortie de crise

– assurer le respect de la démocratie par l’organisation d’élections justes, équitables, transparentes et reconnues par tous, y compris la communauté internationale.

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